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Sur la piste de l’orignal au Nouveau-Brunswick

Par Parcs NB Parks ;• Publié le October 27 2026 ;• Temps de lecture: 12 min

Rares sont les rencontres avec la faune sauvage qui sont aussi mémorables que l’observation d’un orignal dans son habitat naturel. Avec leurs pattes imposantes, leur taille impressionnante et leurs bois (parfois) si caractéristiques, ces animaux emblématiques sont devenus l’un des spectacles les plus attendus du Nouveau-Brunswick. Pour de nombreux visiteurs, et même pour les résidents, apercevoir un orignal figure en tête de leur liste d’expériences incontournables dans les parcs provinciaux.

Alors, où peut-on donc en trouver un?

S’il est vrai que rien ne garantit qu’un orignal fasse son apparition pendant votre visite, vous pouvez faire certaines choses pour augmenter vos chances d’en voir un. Si vous comprenez où les orignaux passent leur temps, ce qu’ils mangent et comment leur comportement évolue au fil de l’année, vous deviendrez un meilleur observateur de la faune sauvage.

Mais trouver un orignal, ce n’est que la moitié de l’aventure. Nos parcs provinciaux abritent une faune très diversifiée, et préserver le caractère sauvage de ces animaux, c’est leur accorder l’espace et le respect qu’ils méritent. Ces conseils n’ont donc pas seulement trait aux endroits et aux moments propices à l’observation. Ils expliquent également comment observer un orignal en toute sécurité lorsqu’on en trouve un.

Prenez vos jumelles, votre appareil photo ou votre téléphone intelligent, ouvrez bien les yeux sur le sentier et poursuivez votre lecture. Vous pourriez bien voir un original au Nouveau-Brunswick plus tôt que vous ne le croyez.


Une année dans la vie d’un orignal au Nouveau-Brunswick

Pour trouver un orignal, il faut penser comme un orignal. Que veut un orignal? De la nourriture, de l’eau et un peu de calme. Et, selon la période de l’année, peut-être une compagne ou un compagnon.

Tout comme nous, les orignaux ont des habitudes qui changent au gré des saisons. Leurs déplacements, leur alimentation et leur comportement peuvent être tout à fait différents au printemps et en hiver. Savoir ce qu’ils font tout au long de l’année pourrait vous aider à vous trouver au bon endroit au bon moment.

Suivons donc un orignal du Nouveau-Brunswick au fil des saisons.


Au printemps : la quête de nourriture

Après un long hiver néo-brunswickois, le printemps apporte un changement bien accueilli par les orignaux.

À mesure que la neige fond et que le paysage renaît, les orignaux sont attirés par les terres humides et les eaux peu profondes. On appelle parfois cette partie de leur cycle annuel « phase aquatique », et il y a une raison très importante qui les mène vers l’eau :

la nourriture.

Après des mois passés à se nourrir d’aliments pauvres en nutriments pendant l’hiver, les orignaux sont à la recherche de plantes aquatiques riches en sodium qui poussent dans les terres humides et les environs. Ils peuvent patauger dans les eaux peu profondes et passer beaucoup de temps à creuser et à se nourrir sous la surface.

Le saviez-vous? L’orignal peut plonger jusqu’à 5 à 6 mètres (16 à 20 pieds) sous l’eau et y rester en retenant sa respiration jusqu’à 60 secondes!

Le printemps peut aussi offrir l’une des possibilités d’observation les plus fascinantes qui soient : une femelle avec ses petits. On peut voir les veaux aux côtés de leur mère, une observation printanière particulièrement mémorable.

Les mâles ont leurs propres raisons de chercher de la nourriture. Ils reconstituent leurs réserves nutritionnelles et se préparent à une nouvelle année de croissance des bois. Ces bois impressionnants ont besoin de beaucoup d’énergie et de nutriments pour pousser, si bien qu’un mâle ne pense qu’à une chose : terminer son repas.

Vous pourriez donc croiser un orignal qui ne s’enfuira pas immédiatement en vous voyant. Il pourrait plutôt continuer de manger tout en vous surveillant de très près.

N’y voyez pas une invitation à vous rapprocher.

Un orignal affamé est tout de même un animal sauvage. Donnez-lui beaucoup d’espace, laissez-le profiter de son repas et admirez le spectacle en restant à distance.


En été : l’art de rester au frais

Vient ensuite l’été, avec ses longues journées chaudes et ensoleillées.

Pour les êtres humains, c’est souvent une invitation à sortir pour profiter pleinement de la chaleur du soleil. Pour un orignal, un après-midi chaud et ensoleillé, c’est davantage une raison de chercher de l’ombre.

Les orignaux sont parfaitement adaptés au temps froid. Leur grande taille et leur pelage dense font qu’il est difficile pour eux de se rafraîchir lorsque le mercure monte, d’autant qu’ils n’ont pas de glandes sudoripares fonctionnelles. Durant les heures les plus chaudes de la journée, ils cherchent souvent à se réfugier sous le couvert forestier.

C’est ce qui fait de l’été la saison la plus difficile pour observer les orignaux. Mais n’abandonnez pas.

Les lève-tôt pourraient fort bien avoir un avantage. Au lever du soleil, lorsque les températures sont encore agréables, les orignaux peuvent quitter la forêt pour se nourrir ou trouver de l’eau. Le même phénomène peut se répéter au crépuscule, lorsque la chaleur de la journée commence à s’estomper.

Si vous espérez apercevoir un orignal en été, songez donc à partir de bonne heure ou en fin de journée.

Vous n’avez pas vu d’orignal? Qu’à cela ne tienne. L’orignal, lui, vous a sans doute vu.


À l’automne : amour et rivaux

Alors que l’été cède la place à l’automne, les journées rafraîchissent, les feuilles commencent à changer de couleur et le comportement des orignaux se transforme encore une fois. La forêt se prépare pour l’hiver mais, avant l’arrivée de la neige, il y a un événement important au calendrier des orignaux :

la saison des amours.

L’automne, c’est la période où les mâles cherchent à s’accoupler, et la forêt, d’ordinaire si calme, peut soudainement devenir beaucoup plus intéressante. 

Vous pourriez entendre un orignal avant de le voir. Le mâle peut émettre un cri profond et envoûtant qui retentit dans la forêt, surtout dans le calme de la nuit. Ses cris peuvent être étonnamment puissants, un peu comme une corne de brume au loin dont le son se répercute parmi les arbres.

Pour un visiteur qui a la chance inouïe d’entendre un de ces cris, c’est une expérience inoubliable au Nouveau-Brunswick.

Mais l’automne, c’est aussi une saison où les observateurs de la faune doivent être particulièrement prudents.

À cette période de l’année, les mâles ont des bois complètement développés, dont ils peuvent se servir lorsqu’ils sont en concurrence avec d’autres mâles. Ils peuvent devenir plus agressifs et imprévisibles pendant la saison des amours.

Ainsi, si vous croisez des orignaux qui semblent rivaliser ou se battre, laissez-leur beaucoup d’espace. Ce n’est pas le moment de s’installer aux premières loges pour assister au spectacle. Reculez et laissez-les faire ce qu’ils ont à faire.


En hiver : repos et économie d’énergie

Ces magnifiques couleurs d’automne finissent par laisser place aux branches dénudées, aux étangs gelés et à la neige.

L’hiver apporte un autre changement dans la vie d’un orignal.

Une fois la saison des amours terminée, les orignaux deviennent généralement plus solitaires. La nourriture est plus difficile à trouver. Les mois chauds, synonymes de végétation fraîche et abondante, sont révolus, et les orignaux doivent désormais se nourrir principalement de brindilles, d’écorce et d’arbustes. 

La nourriture se faisant de plus en plus rare, il devient particulièrement important d’économiser l’énergie. Un orignal peut passer un temps considérable dans une zone plutôt limitée, profitant de la végétation qui s’offre à lui avant de se déplacer pour trouver un autre endroit où se nourrir. C’est un rythme beaucoup plus lent que les déplacements pour s’alimenter que l’on pourrait observer à d’autres moments de l’année.

L’hiver offre également aux visiteurs attentifs l’occasion de découvrir des signes de l’activité d’orignaux qui pourraient autrement passer inaperçus.

Une grande dépression de neige tassée est l’une des découvertes les plus intéressantes : un lit d’orignal. Ces cratères qui semblent énormes sont le lieu de repos d’un orignal, qui utilise la neige comme abri pour économiser son énergie durant les mois les plus froids au Nouveau-Brunswick. Son épais pelage d’hiver lui assure une excellente isolation, tandis que son corps emmagasine des réserves d’énergie qui lui permettent de traverser la saison.

Alors, si la forêt hivernale semble calme, n’allez pas supposer que les orignaux ont disparu. Ils sont toujours là. Ils adoptent simplement un rythme plus lent pendant l’hiver.


Le cycle des bois

Pour un visiteur attentif, trouver les bois qu’un orignal a perdus naturellement, c’est un peu comme découvrir un petit morceau de l’histoire de la forêt.

Les mâles perdent leurs bois après la saison des amours, généralement à la fin de l’automne ou au début de l’hiver. Ces bois impressionnants qui ont joué un rôle si important pendant l’automne finissent par être abandonnés, en prévision du début d’un nouveau cycle.

Si vous avez la chance de trouver des bois, admirez-les là où ils se trouvent. Les parcs provinciaux sont des espaces naturels protégés, et il faut laisser les objets naturels à l’endroit où ils devraient être. Le meilleur souvenir, c’est celui de la découverte, et sans doute une ou deux photos!


Sécurité pour vous ET pour les orignaux

Si vous avez voyagé au Nouveau-Brunswick dans l’espoir de voir un orignal, nous comprenons votre enthousiasme. L’observation d’un orignal peut transformer une promenade ordinaire en un récit que vous raconterez pendant de nombreuses années. Mais la meilleure rencontre avec la faune sauvage est celle qui se déroule en toute sécurité.

Nos parcs provinciaux abritent de nombreuses espèces sauvages. Nous ne sommes que des visiteurs dans leur habitat, ce qui signifie que notre rôle est d’observer les animaux avec respect en leur laissant l’espace dont ils ont besoin pour se comporter naturellement.

Gardez vos distances

Gardez une distance minimale de 23 mètres d’un orignal. 

Ça a l’air de quoi, 23 mètres? Nous sommes heureux de vous donner quelques exemples :

• environ quatre canots et demi à deux places, disposés bout à bout;

• un peu plus de deux autobus scolaires ordinaires, garés pare-chocs contre pare-chocs;

• entre cinq et six tables de pique-nique de taille moyenne, alignées bout à bout;

• environ 30 chaussures de randonnée, alignées du talon aux orteils.

(Nous espérons que ces images vous seront utiles!)

En laissant cette distance entre vous et l’orignal, vous limiterez le stress qu’il pourrait ressentir et vous aurez tout de même l’occasion de l’observer sans perturber son comportement.

S’il cesse de se nourrir, vous regarde fixement, commence à s’éloigner ou change de comportement en raison de votre présence, c’est que vous êtes peut-être trop près. Reculez et laissez-lui plus d’espace.

La plus grande prudence est de mise à proximité des femelles accompagnées de leurs veaux, qui peuvent chercher à protéger leurs petits, et à proximité des mâles pendant la saison des amours à l’automne, période où ils peuvent devenir agressifs ou imprévisibles.


Et si vous vous retrouviez soudainement face à face avec un orignal?

Il arrive qu’on ne parte pas à la recherche d’un orignal. Parfois, c’est l’orignal qui croise votre chemin.

Si l’orignal ne vous a pas remarqué, essayez de faire en sorte qu’il ne vous voit pas. Restez immobile et donnez-lui la possibilité de se déplacer à son propre rythme.

S’il vous a repéré, parlez lentement et calmement tout en vous éloignant, si possible. Un grand arbre ou tout autre objet de taille imposante peut s’avérer utile en servant de barrière entre vous et l’orignal. Contrôlez vos mouvements et évitez tout ce qui pourrait l’amener à se sentir menacé.

Prêtez attention à son langage corporel. Les oreilles rabattues, le poil hérissé sur le dos et le piétinement sont tous des signes pouvant indiquer qu’un orignal s’agite.

Si un orignal charge, fuyez et mettez-vous à couvert. Dans la mesure du possible, blottissez-vous derrière un grand arbre ou un autre gros obstacle et restez-y jusqu’à ce que l’orignal se soit éloigné à une distance sécuritaire.

Ne chargez jamais un orignal pour tenter de l’effrayer. L’orignal sait très bien qu’il est plus gros que vous.

Ne vous approchez jamais d’un orignal pour prendre une meilleure photo, et n’essayez pas d’attirer son attention pour obtenir l’image parfaite. Utilisez un zoom si vous en avez un. Sortez vos jumelles. Ou, tout simplement, restez immobile et profitez du moment. Nul besoin d’être tout près pour profiter de la présence d’un orignal.

En réalité, les meilleures photos de la faune sont souvent celles où l’animal ne se rend même pas compte qu’il est la vedette.


Que faire si vous apercevez un orignal depuis votre véhicule?

Les orignaux ne limitent pas toujours leurs déplacements à la forêt. Vous pourriez en croiser un au bord d’une route, voire directement sur la route, dans un parc provincial.

La même règle s’applique : laissez-lui de l’espace.

Si un orignal s’est arrêté au milieu de la route, immobilisez votre véhicule à au moins 20 mètres de distance et allumez vos feux de détresse. Laissez à l’orignal le temps de décider dans quelle direction il veut aller.

Si un orignal marche ou court le long de la route ou sur la route, maintenez la même distance et suivez-le lentement, au même rythme, avec vos feux de détresse allumés. Si l’orignal s’arrête, arrêtez-vous aussi.

Ne le suivez pas de trop près pour prendre une photo ou faire une vidéo. Le fait de bloquer le chemin d’un animal sauvage avec un véhicule peut créer une situation dangereuse pour l’animal, pour vous et pour les autres usagers de la route.


Une observation que vous n’oublierez pas de sitôt

L’observation d’un original au Nouveau-Brunswick a quelque chose de merveilleux et de spécial. Peut-être en verrez-vous un se tenant calmement au bord d’une terre humide au printemps ou émergeant de la forêt à l’aube, un matin d’été. Peut-être l’entendrez-vous bramer parmi les arbres par une fraîche soirée d’automne.

Ou peut-être repérerez-vous dans la neige des traces ou un grand lit d’orignal.

Une visite dans un parc provincial ne permet pas forcément d’observer un orignal. Et c’est tout à fait normal.

Les animaux sauvages ne se montrent pas sur demande.

Le véritable plaisir de l’observation réside dans la certitude que, quelque part au-delà du sentier, ces magnifiques bêtes vivent leur vie : elles se nourrissent, se reposent, élèvent leurs petits, cherchent à s’accoupler et traversent une autre saison au Nouveau-Brunswick.

Si vous avez la chance d’en voir un, gardez vos distances. Regardez-le en silence. Prenez vos photos à une distance sécuritaire lorsque c’est possible. Et laissez l’orignal poursuivre sa journée.

Car la rencontre la plus réussie avec la faune sauvage n’est pas celle où l’on s’en approche le plus. C’est celle où vous et l’orignal pouvez tous deux profiter du moment, en toute sécurité et à distance.



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